Collaborer pour réussir
La formation professionnelle initiale de deux ans avec attestation fédérale de formation professionnelle prévoit de l’enseignement, mais aussi une étroite collaboration entre enseignant-e-s et directions. Une nouvelle étude fournit les clés d’un encouragement inclusif des personnes en formation. Un travail d’équipe efficace ainsi qu’une culture commune de l’inclusion sont cruciaux à cet égard.
Par René Wüthrich
Les exigences de l’enseignement en classe de la formation professionnelle initiale de deux ans avec attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) sont très élevées, tant pour le corps enseignant que pour les directions des écoles professionnelles. Comment les enseignantes et les enseignants peuvent-ils concevoir un enseignement inclusif, individualisé et différencié grâce auquel toutes les personnes en formation progressent sur le plan pédagogique ? L’auteur du présent article s’est penché sur la question. Dans le cadre de sa thèse, il a étudié la didactique dans la formation de base AFP et le rôle de l’article 10 de l’ordonnance sur la formation professionnelle (voir encadré) pour le corps enseignant et les directions d’école professionnelle. Il a mené des interviews avec des membres des deux groupes, visité des classes et analysé la littérature.
Il décrit un modèle de didactique d’enseignement inclusif en groupes d’apprentissage hétérogènes incluant les deux niveaux « directions » et « enseignant-e-s », et montre leur interaction systémique ainsi que les conditions préalables à une collaboration fructueuse.
Au niveau « directions », le modèle distingue six champs d’action : la direction de l’école engage des enseignant-e-s compétent-e-s, offre des possibilités de formations et de formations continues ciblées, assure un encadrement individuel spécialisé, développe une culture inclusive, soutient la coopération entre les lieux de formation et s’appuie sur les prescriptions légales.
Au niveau « enseignant-e-s », il définit quatre champs d’action constituant ensemble une didactique inclusive dans la formation de base AFP : les enseignant-e-s disposent de compétences d’inclusion, travaillent sur leur comportement et leur attitude, mais aussi sur leur compétence de collaboration et des possibilités de soutien, et personnalisent l’enseignement en groupes d’apprentissage hétérogènes.
Améliorer encore l’interaction
L’étude montre que les directions sont conscientes des défis rencontrés par les enseignant-e-s. Elles se montrent favorables à des mesures de développement professionnel afin que le corps enseignant puisse répondre aux exigences d’un enseignement inclusif. Il peut notamment s’agir de formations qualifiantes internes à l’école, d’exposés ou de formes de collaboration en groupes de matières.
Toutefois l’interaction entre corps enseignant et directions est encore insuffisante pour certains aspects. Ainsi, une culture inclusive fait souvent défaut. Il manque une compréhension commune des valeurs et attitudes essentielles aux mesures scolaires et d’enseignement. De plus, la collaboration entre les lieux de formation n’est visiblement pas assez exploitée, alors qu’elle peut justement s’avérer essentielle pour prendre en compte les perspectives des trois lieux de formation et s’adapter aux besoins individuels des apprenti-e-s.
Adopter une attitude et un comportement positifs
Les enseignant-e-s interrogé-e-s possèdent une vaste expérience de l’enseignement inclusif et connaissent de nombreuses méthodes pour le personnaliser. Il importe que l’ensemble des participant-e-s fassent preuve d’une attitude et d’un comportement positifs vis-à-vis d’une didactique inclusive, contribuant à ce que les exigences de l’article 10 de l’ordonnance sur la formation professionnelle soient remplies. La capacité à coopérer avec d’autres personnes et à se soutenir mutuellement prouve aussi l’efficacité des mesures de personnalisation. Le corps enseignant, les directions, les différents lieux de formation et d’autres spécialistes collaborent tous ensemble.
Considérer différents points de vue
Le travail d’équipe entre les directions et le corps enseignant est décisif. Dans les écoles professionnelles, il est en outre important de s’accorder sur des valeurs et attitudes communes au sens d’une culture inclusive. La collaboration doit avoir lieu au niveau de l’enseignement, p. ex. entre les enseignant-e-s en connaissances professionnelles ou en culture générale. Ce processus devrait se dérouler dans le cadre d’une coopération entre les entreprises formatrices et les cours interentreprises ainsi qu’avec d’autres acteurs et actrices impliquées. Il est ainsi possible d’assurer des mesures de soutien. L’enseignement inclusif repose sur un travail d’équipe de toutes les parties et prend sciemment en compte différents points de vue.
Bibliographie
Wüthrich, R. (2023). Didaktisches Handeln von Berufsfachschullehrpersonen in heterogenen Lerngruppen und die Rolle gesetzlicher Vorgaben – eine explorative Untersuchung zur Inklusion in der zweijährigen beruflichen Grundbildung [Thèse de doctorat, Université de Zurich]. ZORA. (en allemand)